La Planche des Belles Filles évoque de verts pâturages où s’égaient d’accortes demoiselles aux genoux ronds et mollets satinés. Grossière erreur, les Belles Filles c’est du brutal, qui se donnent à des rustiques qui déjeunent de tartines de Munster trempées dans le café. La Planche ce n’est pas de l’ébénisterie, c’est du bûcheronnage ; ça s’attaque à la hache.
On baisse la tête, courbe le dos mais on ne plie pas. Et même pas un Picon- bière à l’horizon. Il faut se cramponner au guidon et écraser les pédales. Chaque replat apporte un répit illusoire car la pente se cabre toujours : 12% 14% 16%… Alors on invoque Justin Bridou. Mais le dernier raidard à 20% accouche d’un cycliste rénové qui éprouve sa liberté à l’épreuve d’un défi hors du commun.






